Revue Atlantis N°375 / 1993 / Les Bâtisseurs / ORIGINAL
Revue Atlantis N°375 / 1993 / 96 p. / Les Bâtisseurs / ORIGINAL
Sommaire :
Voici un résumé concis par chapitre du document Atlantis N°375, accompagné d'une brève analyse pour chaque section :
Editorial : "Comme une divine proportion"
Résumé :
- L’éditorial de Jean-Marc Savary évoque la désacralisation de l’homme moderne, contrastant avec la vision humaniste de Léonard de Vinci, qui plaçait l’Homme au centre de l’Univers.
- Il critique l’urbanisation déshumanisante et l’absence de spiritualité dans la société contemporaine, tout en soulignant l’importance de l’architecture sacrée et des traditions.
- Il appelle à une renaissance de la beauté et de l’éthique, inspirée par les bâtisseurs du passé, et annonce les thèmes du numéro, centrés sur l’architecture et la quête du Beau.
Analyse :
- L’éditorial met en lumière une tension entre modernité et tradition, insistant sur la nécessité de réintégrer une dimension spirituelle et esthétique dans la vie quotidienne.
- La référence à Léonard de Vinci et aux cathédrales symbolise un idéal d’harmonie entre l’homme, l’art et la nature, souvent perdu dans la société industrielle.
Les Constructeurs de Mégalithes
Auteur : Jean Markale Résumé :
- Les mégalithes (menhirs, dolmens, cairns) d’Europe de l’Ouest, comme ceux de Carnac ou de Newgrange en Irlande, datent de 4000 à 2000 av. J.-C., bien avant les pyramides d’Égypte.
- Ces monuments, souvent perçus comme primitifs, révèlent en réalité une sophistication architecturale et astronomique (ex. : alignements solsticiaux à Newgrange).
- Les cairns, comme celui de Newgrange, étaient des sanctuaires funéraires liés à un culte solaire et à une "Grande Déesse Universelle", symbolisant la renaissance.
- Les gravures mégalithiques, bien que mystérieuses, suggèrent un langage symbolique complexe, peut-être lié à des rituels initiatiques ou cosmiques.
Analyse :
- Markale remet en cause l’idée d’une supériorité exclusive des civilisations orientales (Égypte, Mésopotamie) en mettant en avant l’ingéniosité des bâtisseurs mégalithiques occidentaux.
- Les mégalithes sont présentés comme des "temples" intégrant des connaissances astronomiques et spirituelles, reflétant une civilisation avancée et méconnue.
- L’auteur souligne l’importance de réévaluer les périodes préhistoriques, souvent sous-estimées en raison de préjugés culturels.
La Quadrature du Cercle : Quand Pi n’était pas π
Auteur : Lucien Gérardin Résumé :
- L’article retrace l’histoire du calcul de π (Pi), depuis l’Égypte ancienne (papyrus Rhind, ~1650 av. J.-C., où π était approximé à 256/81) jusqu’aux mathématiques modernes.
- Les Égyptiens et les Babyloniens utilisaient des méthodes empiriques pour estimer la surface d’un cercle, sans conceptualiser π comme un nombre abstrait.
- La "Mer d’Airain" de Salomon (Bible) utilise un rapport simplifié de 3 pour π, probablement pour des raisons symboliques plutôt que mathématiques.
- Les Grecs (Thalès, Pythagore, Archimède) ont introduit la rigueur géométrique, avec Archimède calculant π entre 3,1408 et 3,1429 via des polygones inscrits.
- Au Moyen Âge et à la Renaissance, des mathématiciens comme Al-Kashi (16 décimales) et Ludolf van Ceulen (36 décimales) ont affiné les calculs.
- π n’est devenu un "nombre en soi" qu’avec Viète et Wallis (XVIIᵉ siècle), puis Leibniz (série infinie de l’Arc Tangente).
- Aujourd’hui, π est calculé avec des milliards de décimales grâce aux ordinateurs, mais son mystère persiste.
Analyse :
- Gérardin montre comment la quête de π reflète l’évolution de la pensée mathématique, du concret (mesures empiriques) à l’abstrait (nombre transcendant).
- L’article démontre que les avancées scientifiques sont souvent liées à des contextes culturels et symboliques (ex. : la "Mer d’Airain" de Salomon).
- La fascination pour π illustre le désir humain de comprendre l’univers à travers des concepts mathématiques, tout en reconnaissant les limites de la raison.
Machu Picchu : Chef-d’Œuvre de l’Architecture Inca
Auteur : Simone Waisbard Résumé :
- Découvert en 1911 par Hiram Bingham, Machu Picchu (Pérou, XVᵉ siècle) est une cité inca perchée à 2500 m d’altitude, construite sous le règne de Pachacutec.
- La cité, invisible depuis la vallée, était probablement un sanctuaire royal ou un lieu de retraite spirituelle.
- Son architecture combine harmonie esthétique et ingénierie avancée : murs en pierre ajustés sans mortier, terrasses agricoles (andènes), systèmes hydrauliques sophistiqués, et alignements astronomiques (Intihuatana, cadran solaire).
- Les techniques de construction (taille, transport, assemblage des pierres) restent mystérieuses, compte tenu des outils rudimentaires des Incas (bronze, pierre, cordes).
- Machu Picchu symbolise l’apogée de la civilisation inca, intégrant nature, spiritualité et savoir-faire technique.
Analyse :
- Waisbard souligne l’exceptionnelle maîtrise des Incas en architecture et urbanisme, adaptée à un environnement montagneux hostile.
- La cité est présentée comme un "livre de pierre", où chaque élément (escaliers, fontaines, temples) porte une signification symbolique et pratique.
- L’article met en avant le génie inca, souvent sous-estimé en raison de l’absence d’écriture, mais révélé par leur héritage architectural.
L’épopée Compagnonnique
Auteur : Jacques d’Arès Résumé :
- Les Compagnons du Devoir, héritiers des bâtisseurs médiévaux, forment une confrérie initiatique centrée sur l’excellence artisanale et la transmission des savoirs.
- Leur histoire remonte aux constructeurs du Temple de Salomon (mythe d’Hiram) et aux corporations du Moyen Âge, avec des rites inspirés de la franc-maçonnerie et du symbolisme chrétien.
- Les Compagnons se divisent en trois rites (Salomon, Maître Jacques, Père Soubise) et trois grades (apprenti, compagnon, maître), avec un "Tour de France" pour parfaire leur formation.
- Leur idéal combine travail manuel, spiritualité (dévotion à Notre-Dame) et valeurs humaines (liberté, égalité, fraternité).
- Malgré le déclin des métiers traditionnels, le Compagnonnage persiste comme un modèle d’éducation et de résistance à la déshumanisation industrielle.
Analyse :
- D’Arès présente le Compagnonnage comme une "chevalerie du peuple", préservant un héritage à la fois technique et spirituel.
- Les Compagnons incarnent une alternative à la modernité, valorisant la créativité artisanale et l’éthique du travail bien fait.
- L’article souligne leur rôle dans la construction des cathédrales, symboles d’une quête collective de beauté et de sacré.
Notre-Dame d’Orcival et les Vierges Noires
Auteur : Michel Armengaud Résumé :
- Les Vierges Noires (XIIᵉ–XIVᵉ siècles), statues en bois ou métal, sont associées à des lieux sacrés (cryptes, grottes) et à des cultes syncrétiques (mégalithique, celte, chrétien, oriental).
- Leur couleur noire symbolise la terre, la fécondité, la mort initiatique et la renaissance spirituelle, liée à des déesses mères (Isis, Artémis) ou à la "Materia Prima" alchimique.
- Elles partagent des traits communs : posture hiératique (en majesté), enfant au visage adulte (symbolisant le Verbe incarné), mains démesurées (pouvoir), et couleurs symboliques (noir, rouge, vert, bleu).
- Les légendes les associent à des miracles (résurrections, guérisons), des découvertes miraculeuses (déterrées par un bœuf), ou à des origines orientales (croisades).
- Notre-Dame d’Orcival (Auvergne), statue en argent et vermeil, incarne ces symboles : elle est une "Mère de l’Œuvre" alchimique, invitant à la transmutation intérieure.
Analyse :
- Armengaud interprète les Vierges Noires comme des symboles de l’unité culturelle médiévale, fusionnant traditions païennes et chrétiennes.
- Leur noirceur et leur iconographie reflètent une quête spirituelle (alchimie, gnose), où la matière doit être transmutée pour accéder à la lumière.
- L’article lie ces statues à une "géographie sacrée", où les lieux (fontaines, cryptes) amplifient leur pouvoir symbolique.
Cordes-sur-Ciel : La Cité Philosophale
Auteur : Jean-Gabriel Jonin Résumé :
- Cordes-sur-Ciel (Tarn), cité médiévale perchée sur un éperon rocheux, est analysée comme une "demeure philosophale" alchimique.
- Sa façade sculptée, la Maison du Grand Écuyer, représente des symboles alchimiques : l’alchimiste (bonnet phrygien), les quatre éléments (lion, vache, cheval, homme), la "Mère de l’Œuvre" (femme croquant une pomme), et des étapes de la transmutation (chien, aigle, lapin).
- Les sculptures illustrent le "Grand Œuvre" : purification de la matière brute (chien), union des opposés (Soleil/Lune), et quête de la Pierre Philosophale.
- La cité, avec ses escaliers et ses ruelles, symbolise un parcours initiatique, mêlant architecture et spiritualité.
Analyse :
- Jonin décrypte Cordes comme un "livre de pierre" alchimique, où chaque détail architectural porte un message ésotérique.
- La cité incarne une synthèse entre art, science (géométrie sacrée) et mysticisme, typique des cités médiévales "philosophales".
- L’article montre comment l’alchimie, souvent perçue comme obscure, s’exprime dans l’art et l’urbanisme, invitant à une lecture symbolique du monde.
Fiche technique
Atlantis-375
28 Livres
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