Giesbert, Franz-Olivier | Le vieil homme et la mort : récit
Giesbert, Franz-Olivier | Le vieil homme et la mort : récit | Gallimard (Paris),1996,1 Vol. ; 140 x 205 mm ; 146 p. ;,(19G3)
Broché couverture souple ; très bon état ; Mitterrand était meilleur et pire qu’on le croyait. Ce libertin du pouvoir s’aimait trop et se pardonnait tout. Mais il ne mentait pas tout le temps. Il ne se moquait pas de la misère du monde, ni du malheur des siens. Il était sincèrement pour l’égalité entre les hommes, plus qu’entre les sexes. Il avait la tête pleine du siècle des Lumières : d’où il venait, après un crochet à la fin du XIXe, du côté de Thiers ou de Gambetta, selon les jours. Même quand les chandelles de l’Élysée se furent éteintes pour lui, il continua à tenir tête à la maladie qui crispait son sourire et alourdissait ses paupières, sans jamais lui faire perdre son regard d’enfant mutin. Il était l’homme qui disait sans cesse non : non à de Gaulle, non au P.C., non à son passé, non à son cancer, non à la mort. Tant que son cœur battait, son bon plaisir aura été d’enfreindre les règles et de s’ériger au-dessus des lois, autant que du genre humain. Qu’on ne s’y trompe pas : cet homme fut nietzschéen jusqu’à l’agonie. C’est pourquoi il n’a pas fini de nous fasciner. Avec lui, j’étais comme l’Hermione de Racine. Je l’aimais trop pour ne le point haïr ; je le haïssais trop pour ne le point aimer. Mitterrand, François (1916-1996) -- Dernières années ; (19G3)"
Fiche technique
AD00000636
1 Livre
9782070745661
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