Revue Atlantis N°244 / 1968 / Les cycles de la Tradition - IV - La Fin des Temps / REIMPRESSION
Revue Atlantis N°244 / 1968 / Les cycles de la Tradition - IV - La Fin des Temps / REIMPRESSION
Sommaire :
Éditorial
Jacques d’Arès évoque les réactions des lecteurs face à l’idée de la « fin des temps » et souligne la quête d’équilibre et de tradition chez les jeunes, contrastant avec les mouvements de révolte. Il annonce la publication d’un texte inédit de Louis-Claude de Saint-Martin, le Carnet d’un jeune Élu Cohen, et présente la baronne de Krüdener, inspiratrice de la Sainte-Alliance, comme une figure méconnue mais importante de l’Illuminisme chrétien.
Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu
Paul Le Cour retrace la vie et les idées de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), surnommé le « Philosophe Inconnu ». Il évoque ses expériences métapsychiques en 1918, où Saint-Martin aurait communiqué avec lui, et décrit son parcours : de son engagement dans la franc-maçonnerie mystique à son rejet des sciences occultes, en passant par son admiration pour Jacob Boehme. Saint-Martin prône une théosophie chrétienne, une initiation intérieure, et une rénovation religieuse. Il critique le matérialisme et l’athéisme, défend une tradition primitive, et voit dans la Révolution française un signe de la Providence préparant une ère nouvelle. Il meurt en 1803, sans sépulture connue, mais son influence persiste à travers ses écrits et ses disciples.
Carnet d’un jeune Élu Cohen
Robert Amadou présente un texte inédit de Saint-Martin, découvert à la Bibliothèque municipale de Lyon. Ce Carnet, rédigé vers 25 ans, révèle les réflexions ésotériques et initiatiques de Saint-Martin, alors membre de l’Ordre des Élus Cohen. Il contient des aphorismes, des schémas, et des méditations sur la purification, la prière, la connaissance, et la réintégration spirituelle. Le texte, parfois obscur, illustre la quête de Saint-Martin pour une synthèse entre mysticisme et hermétisme.
Réflexions sur le Carnet
Raymond Christofour analyse le Carnet de Saint-Martin, soulignant sa maturité précoce, son style ésotérique, et sa vision d’une élite spirituelle. Il met en lumière les thèmes récurrents : la purification, l’abandon à Dieu, la recherche de l’unité primordiale, et la réintégration dans l’état adamique. Christofour voit dans ce texte une invitation à la réflexion personnelle et une introduction à la pensée théosophique de Saint-Martin.
La nouvelle Église de Mme de Krüdener
Pierre Tettoni retrace la vie et l’œuvre de Barbara-Juliana von Krüdener (1764-1824), figure mystérieuse de l’Illuminisme chrétien. Après un mariage malheureux, elle se tourne vers le mysticisme et devient une prédicatrice itinérante, influençant notamment le tsar Alexandre Ier. Elle prône une « Église intérieure », un retour au christianisme primitif, et joue un rôle clé dans la création de la Sainte-Alliance des rois (1815), visant à unir les souverains européens sous une bannière religieuse. Son message, marqué par le millénarisme et l’œcuménisme, s’inscrit dans le courant de l’Illuminisme chrétien, inspiré par Saint-Martin, Boehme, et Jung-Stilling.
Aperçus en bref sur les livres, les hommes et les idées
Cette section présente des recensions d’ouvrages : Kirchberger et l’Illuminisme du XVIIIᵉ siècle (Antoine Faivre), Les Paladins du monde occidental (Laurence Talbot), et Mythes et religions de l’Inde (Swami Nityabodhananda). Antoine Faivre y analyse l’Illuminisme chrétien, ses thèmes (Providence, Sophia, millénarisme), et son rôle dans la spiritualité européenne pré-révolutionnaire. Laurence Talbot explore les migrations anciennes des peuples occidentaux, tandis que le Swami Nityabodhananda offre une synthèse érudite des traditions indiennes.
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